iPolice : l’intelligence artificielle au service de la police

De puissants systèmes de recherche et des algorithmes mathématiques devraient aider la police à mieux évaluer les risques, détecter les réseaux criminels et déployer ses moyens sur le terrain. Les ministres de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et de l’Agenda digital Alexander De Croo (Open VLD) présentaient ce vendredi au gouvernement fédéral leur plan de 110 millions d’euros, destiné à intégrer ces technologies au sein de la police.

L'utilisation d'internet et des réseaux sociaux a connu une croissance exponentielle ces dernières années. La police a dès lors non seulement dû faire face à de nouvelles formes de criminalités, mais également à une masse toujours plus conséquente d'informations.

Le principal écueil pour les services de police est que cette information demeure fragmentée et n'arrive dans les systèmes centraux qu'une fois validée. La première étape du plan pluriannuel iPolice ("intelligent policing") proposé par les ministres Jambon et De Croo (photo) est donc de mettre en place de nouvelles applications qui lient les données entre elles et rendent le "cloud working" ("travail en nuage") possible.

Les ministres de l’Intérieur et de l’Agenda digital estiment que ce nouveau système offre de nombreux avantages. La rédaction des procès-verbaux ne devra ainsi plus se faire au bureau pour les agents, mais aura lieu sur le terrain. Les données seront alors directement disponibles sur le serveur central, par lequel les informations provisoires pourront être plus rapidement partagées avec les autres corps et services.

Faciliter la recherche dans le domaine criminel

iPolice disposera également d'un puissant système de recherche. Combiné avec les fonctions d'alarme, les ministres ont l'ambition d'en faire un dispositif interactif capable d'évaluer le risque, de détecter les réseaux criminels et de relier de nouveaux éléments à d'anciennes requêtes visant des suspects ou des véhicules.

Ils ambitionnent également de permettre à la police de déterminer plus objectivement où et comment ses moyens doivent être engagés. Le travail policier demeurera néanmoins toujours humain, soulignent les deux ministres. Les systèmes informatiques sont nécessaires afin de gérer l'explosion du nombre d'informations, mais cela ne constitue pas une garantie de résolution de tous les problèmes.

Le coût de iPolice est évalué à 95 millions d'euros, puisés dans l'enveloppe de 400 millions d'euros dégagée par le gouvernement fédéral à la suite des attentats de Paris, pour mettre en place de nouvelles mesures de sécurité. La mise en place du système sera un travail de longue haleine et ne sera probablement pas terminée d'ici la fin de l'actuelle législature en 2019.

Quinze millions d'euros supplémentaires seront également consacrés à la modernisation du procédé de partage d'informations au sein de la police. A côté du travail opérationnel de la police, d'autres données circulent également. C'est aujourd'hui principalement le cas via l'intranet de la police.

Le système "Enterprise Cloud Solution" concernera toute la police intégrée. La police fédérale procède déjà à l'implémentation de cette nouvelle manière de travailler, tandis que les fonds supplémentaires doivent élargir le déploiement de cette technologie aux zones de police locale.

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