“Trop peu d’allochtones sur les listes électorales"

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jeu. 20/05/2010 - 14:20 Seuls 74 des 1.104 candidats inscrits sur les listes pour les élections fédérales anticipées du 13 juin sont d’origine étrangère. Ceci représente donc seulement 6,7% des candidats, alors que 21,6% des personnes résidants en Flandre sont d’origine allochtone (avant tout des Pays-Bas et du Maroc). Le sociologue Jan Hertogen a analysé les listes électorales.

Le sociologue Jan Hertogen a compté au nombre des allochtones toutes les personnes des trois dernières générations qui sont d’origine étrangère. Il s’agit d’une interprétation large du terme « étranger » puisqu’avant tout les citoyens de la deuxième et de la troisième générations possèdent la nationalité belge et sont d’ailleurs souvent nés en Belgique.

Mais même avec cette interprétation large, les personnes d’origine étrangère restent sous-représentées sur les listes électorales pour le 13 juin, constate Hertogen.

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C’est sur les listes du PVDA+ (le Parti du Travail de Belgique) que l’on trouve le pourcentage le plus élevé de candidats d’origine étrangère, soit 18,1%. Viennent ensuite, par ordre décroissant du pourcentage de candidats allochtones, les socialistes du SP.A (11,6%) et les écologistes de Groen ! (8,7%).

Les démocrates-chrétiens du CD&V, les libéraux de l’Open VLD et les nationalistes de la N-VA présentent chacun 3,6% de candidats allochtones. Le Vlaams Belang d’extrême-droite n’a que 1,4% de candidats d’origine étrangère sur ses listes.

Jan Hertogen estime pourtant qu’un parti peut engranger de nombreuses voix en plaçant davantage de candidats d’origine allochtone sur ses listes. Le sociologue souligne ainsi que le SP.A doit son pourcentage de voix aux votes émanant des Belges d’origine étrangère dans les villes.

« Discrimination politique »

Jan Hertogen souhaite que l’on parle de cette discrimination politique. « Il faut oser la reconnaître », affirmait ce jeudi le sociologue dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT. « On préfère se débarrasser de l’étranger plutôt que de le reconnaître comme un enrichissement. Ainsi sur la liste du CD&V pour le Sénat, on ne trouve pas un seul allochtone. Je me demande ce que pense l’ACW (ndlr : le Mouvement ouvrier chrétien flamand) du fait qu’un groupe important de travailleurs, et donc de nombreux membres, ne possèdent pas de point d’ancrage reconnaissable sur la liste du Sénat ».

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Hertogen ne plaide pas en faveur de l’imposition d’un pourcentage de représentation des allochtones sur les listes électorales, comme c’est maintenant le cas pour la représentation des femmes sur ces listes. « La réalité rattrapera la politique », estime-t-il. « Lors des prochaines élections communales (en 2012), il y aura davantage d’allochtones sur les listes et ils accèderont ainsi aussi au pouvoir ».

En Wallonie, Hertogen constate par contre une juste représentation des candidats d’origine étrangère sur les listes électorales pour le 13 juin. Quelque 20% de la population en Wallonie est d’origine étrangère et sur les listes on retrouve environ 20% de candidats d’origine allochtone.

Selon le sociologue, cette réalité possède une explication historique. Au 19e siècle, environ un million de Flamands se sont installés en Wallonie pour des raisons économiques. Plus tard, la Wallonie a également accueilli des groupes de population étrangers, comme des Italiens, des Russes et Hongrois, puis des Turques et des Maghrébins. La partie francophone du pays a ainsi mieux appris que la Flandre à vivre avec le phénomène de l’immigration, et les citoyens d’origine étrangère y sont mieux intégrés dans la vie politique.