"La richesse du Congo doit profiter à la population"

jeu. 10/06/2010 - 18:02 A l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance du Congo, flandreinfo.be a interrogé des Belges congolais et des Congolais belges sur le Congo et leur vision d'avenir pour la RDC. Nelson Rotsaert est un Belge de 29 ans qui enseigne actuellement au Congo.
  • Nelson  Rotsaert
  • Né le 11 décembre 1980 à Sousse (Tunisie)
  • Fils de Marc Rotsaert et de Dévote Boramungu
  • Profession: enseignant à l'école belge de Lubumbashi (en Sciences économiques, géographie et technologie)

Pourquoi avez-vous choisi d'habiter en RDC? 

J'ai toujours voulu vivre à l'étranger. J'ai passé une partie de mon enfance en Afrique, plus précisément au Burundi, où mon père travaillait pour la coopération belge. La Belgique est un pays que j'aime mais je ne pense pas que je pourrais y rester longtemps. J'ai envie de voyager et de connaître d'autres cultures, d'autres climats et d'autres langues.

Je suis venu à Lubumbashi en 2006, au moment des élections présidentielles. J'avais postulé pour un poste d'enseignant au sein d'une école belge. Il y a des écoles belges en RDC, au Rwanda et au Burundi. Je ne pensais pas que j'allais venir en RDC, je pensais plutôt au Rwanda et au Burundi.

Quand on m'a proposé Lubumbashi, je ne savais rien de cette ville. J'ai recherché des informations sur la ville et j'ai posé des questions à des personnes qui y ont vécu. Je n'ai entendu que du bien. Pourtant à l'époque, le Congo n'était pas un pays totalement sûr, à cause des élections présidentielles entre Jean Pierre Bemba et Joseph Kabila. Tout le monde me disait que Lubumbashi était une ville calme et une des plus développées du Congo.

J'ai finalement décidé de partir en me disant que c'était une opportunité de retourner en Afrique et de vivre une expérience unique.

Selon vous, comment a évolué le Congo indépendant? Qu'y a-t-il de positif en RDC? Qu'est-ce qui devrait être amélioré?

Je suis trop jeune pour parler du Congo belge. Tout ce que je peux dire c'est que beaucoup de gens, tant des Congolais que des Belges, regrettent l'état actuel des infrastructures comme les bâtiments, les routes, les voies ferrées et le réseau électrique. Les routes construites à l'époque coloniale n'ont pas été entretenues et ce n'est que maintenant qu'on est en train de les refaire.

L'indépendance a dû apporter beaucoup d'espoir à la population. Il y a 4 ans, au moment où je suis arrivé à Lubumbashi, les premières élections démocratiques ont aussi suscité beaucoup d'espoir. Aujourd'hui, on voit que les choses avancent et nous espérons que cela continue.

Comment voyez-vous l'avenir de la RDC? Qu'est-ce qui devrait changer?

Je suis d'avis que les prochaines élections présidentielles vont être décisives. Si tout se passe bien, et surtout si les futurs perdants des élections acceptent démocratiquement les résultats, la RDC est en bonne voie.

Ce pays est tellement riche en ressources naturelles. Il faut que cette richesse profite à la population congolaise. Pour cela, il doit y avoir à la tête de l'Etat des hommes intègres et légitimes qui ont le sens de l'intérêt général.

J'ai pas mal voyagé en Zambie, au Malawi, en Namibie, au Botswana, au Rwanda et au Burundi. Ces pays n'ont pas autant de richesses que le Congo, mais disposent souvent de meilleurs infrastructures. Ces pays ne sont pas aussi isolés internationalement que la RDC. Ils vivent pleinement la mondialisation.

J'ai vraiment l'impression qu'au Congo les gens viennent de partout pour les minerais et repartent directement du pays sans rien créer. Les Congolais ont l'habitude de cela et ne se plaignent pas. Je donne cours dans une école où les élèves font partie de familles très riches, le minerval de l'école belge étant très élevé. Quand on voit la richesse de certaines personnes au Congo, on s'étonne du niveau du développement.