Au moins 55.000 personnes manifestent contre la réforme des pensions Auteur: Joyce Azar (avec Belga)

mer. 16/05/2018 - 11:18 Update: mer. 16/05/2018 - 13:03 Joyce Azar (avec Belga) Les syndicats se sont mis en marche vers 11h ce mercredi matin à Bruxelles, dans le cadre de la manifestation nationale pour les pensions, afin de protester contre les réformes prévues par le gouvernement du libéral Charles Michel. Suite à cette action de grogne, de nombreuses perturbations ont été constatées, notamment sur les lignes de la Stib, chez bpost et dans l’enseignement.

Entre 55.000 (selon la police) et 70.000 personnes (selon les syndicats) manifestent mercredi à Bruxelles pour défendre des pensions "dignes". La police de Bruxelles n'a recensé aucun incident depuis le début de la marche.

Munis de pancartes plaidant pour des pensions "justes" et au rythme des pétards, les milliers de manifestants traversent la capitale pour rejoindre la gare du Midi.

Plusieurs animations sont organisées le long du parcours. Devant la tour des Finances, les manifestants ont notamment lancé de nombreux avions en papier pour symboliser "les droits des travailleurs qui s'envolent".

L’action de ce mercredi a pris une connotation nationale, ce qui diffère du premier mouvement de décembre, qui avait rassemblé 25.000 manifestants. Les trois syndicats ont par exemple distribué ensemble un million de "gazettes" fournissant des informations sur la réforme en question.

L'objectif reste le même: CGLSB, FGTB et CSC déplorent l'amateurisme du gouvernement au sujet des pensions. L'inquiétude des syndicats porte principalement sur le débat relatif à l'introduction de la pension à points, souligne le porte-parole du syndicat chrétien ACV (pendant flamand de la CSC), David Vanbellinghen. Il évoque l'incertitude que le système suggère pour les employés, "or c'est vraiment la dernière chose que l'on souhaite lorsqu'on est plus âgé".

Problèmes de circulation

Le cortège engendre des problèmes de circulation dans et autour du centre-ville. La police recommande dès lors d'éviter la capitale en voiture et de privilégier les transports en commun.

Les trains circulent pour leur part normalement car les cheminots ne participent pas à la manifestation. L'offre de trains a même été renforcée.

Perturbations dans différents secteurs

Les services de la Stib étaient perturbés ce mercredi. Seules deux lignes de métro étaient en service vers 6 heures, pour sept lignes de trams et 7 autres de bus, indiquait la société de transport en commun bruxelloise sur son compte twitter.

Le ramassage des sacs poubelles a également été perturbé à Bruxelles, tout comme les services de transport des sociétés régionales De Lijn et TEC.

La manifestation des syndicats a aussi causé des perturbations chez bpost. La distribution des journaux se déroule normalement mais en raison de l'absence d'une partie du personnel, moins de courrier et de colis sont arrivés aux centres de distribution, a précisé la porte-parole Barbara Van Speybroeck. "Il y a eu des grévistes tant dans les centres de distribution que dans le transport mais pas de blocage. Nos opérations ont continué normalement", précise la porte-parole.

En raison de la manifestation des syndicats pour les pensions, le port d'Anvers ne dispose pas d'assez de personnel pour assurer le passage des navires de mer vers les écluses. Une vingtaine de bateaux n'ont pas pu rejoindre l'Escaut. Le traitement des containers reste toutefois possible avant les écluses.

Enfin, la manifestation a aussi des conséquences pour l'enseignement, car 5.000 à 10.000 professeurs, tant du nord que du sud du pays, sont dans les rues de Bruxelles, selon une estimation de la CSC-Enseignement flamande (COC).

"Une manifestation purement politique"

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) a une fois de plus souligné que la réforme des pensions était "sociale". A ses yeux, la manifestation de ce mercredi est "purement politique".

"On ne peut nier le fait que la manifestation est idéologique et politique. Les syndicats sont proches du PS et du PTB. Ils défendent donc des points de vue qui ne se rapprochent pas de la réalité de nos propositions", a-t-il précisé.
 


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