Moins de la moitié des enfants flamands se font encore baptiser Auteur: Eric Steffens

lun. 05/03/2018 - 12:44 Eric Steffens Moins de la moitié des enfants se font encore baptiser, en Flandre. L’information est révélée, ce lundi, par le quotidien Het Nieuwsblad, sur bases des données récoltées par la Conférence épiscopale belge. En 2016, dans les quatre diocèses flamands et l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, seuls 45 % des enfants ont été baptisés. En 2009, ce pourcentage s'élevait encore à 58 %.

Le fait qu’un nouveau-né soit baptisé ne coule plus de source en Flandre. C’est ce que révèlent les chiffres de la Conférence épiscopale belge. Entre 2010 et 2016, le nombre de baptêmes d’enfants dans les diocèses de Hasselt, Gand, Anvers, Bruges et l'archidiocèse de Malines-Bruxelles a diminué de 25% pour passer de 45 657 à 33 875. Les chiffres pour les diocèses de Namur, Liège et Tournai ne sont pas encore disponibles.

C’est dans l'archidiocèse de Malines-Bruxelles qu’on a baptisé le plus, mais le déclin y est aussi le plus marqué: -32,4%. Le meilleur de la classe est le diocèse de Gand, avec seulement une baisse de 10,5%, Anvers (-31,4%), Hasselt (-25,8%) et Bruges (-24,4%).

"C’est l’expression d’une évolution amorcée depuis longtemps", déclare Geert De Kerpel, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique. "Une évolution d'un christianisme -qui allait de soi-, une religion dans laquelle tout le monde croyait, à l'exception d'une minorité et donc naturellement faisait baptiser son enfant".

"Or aujourd’hui cela ne va plus de soi, par contre les gens qui choisissent de faire baptiser leur enfant ou de leur enseigner les principes de la religion catholique et d’appartenir à l’église le font d’une manière plus consciente. On peut même dire qu’aujourd’hui choisir une religion c’est aller à contre-courant", ajoute Geert De Kerpel.

La baisse du nombre de baptêmes n’est pas quelque chose d’alarmant pour les évêques. Chaque organisation, et c’est le cas aussi pour l’église catholique, préfère bien sûr avoir plus de membres" admet Geert De Kerpel.

"Cependant, l’église catholique ne va pas lancer de campagne publicitaire" poursuit le porte-parole de la Conférence épiscopale belge.

De son côté, Rik Torfs, professeur de droit canon à la Katholieke Universiteit Leuven ne pense pas non plus qu’il faille lancer de campagne de publicité, mais il ajoute que "ces chiffres constituent un avertissement pour l’église catholique et ses dirigeants. Je pense qu’il faut tenter d’avoir une présence forte" a déclaré Rik Torfs à la VRT. "J’aimerais par exemple que nos évêques soient plus présents dans les débats de société qu’ils prennent position d’une manière argumentée sur un large éventail de questions, cela pourrait aider" conclu Rik Torfs.

Ces chiffres font partie d'une étude réalisée par la Conférence épiscopale belge pour dresser un état des lieux de tous les aspects de la vie religieuse catholique en Belgique. Cette étude a été secondée par un comité scientifique de la KUL. Le rapport complet est attendu pour l'automne.