Télétravail en cas de neige: "Ce n’est pas au ministre de décider !" Auteur: Joyce Azar

ven. 09/02/2018 - 15:37 Joyce Azar Alors qu’à l’annonce d’importantes chutes de neige, le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) avait conseillé aux citoyens de travailler depuis chez eux ce vendredi, l’administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans a exprimé son insatisfaction face à cet appel. "Il ne revient ni à l’IRM, ni au ministre, de déterminer s’il vaut mieux faire du télétravail", a-t-il réagi sur les ondes de Radio 1 (VRT).

"Si vous le pouvez, restez chez vous ce vendredi". Tel était la teneur du message diffusé par l’Agence flamande des Routes et de la Sécurité, et par le ministre de l’Emploi, Kris Peeters. L’Institut royal de Météorologie (IRM), n’avait pas spécialement relayé de conseil, mais avait déclenché le code orange pour une partie du pays, en vue des chutes de neige prévues.

Ce vendredi, de nombreux employés semblent avoir suivi le conseil du ministre fédéral, relayé par de nombreux médias. Sur les routes, les embouteillages étaient réduits de moitié par rapport à ce qui est habituellement enregistré à la veille des vacances de Carnaval. On était donc loin du chaos envisagé.

VRT

Interrogé lors de l’émission radio "Hautekiet", le patron des patrons n’a pas caché son irritation : "ce n’est pas à un membre du service météorologique ou de l’administration de décider si vous pouvez travailler depuis la maison. Ce n’est pas le rôle de ces personnes", a déclaré Pieter Timmermans (photo). "Il revient aux entreprises de s’organiser avec leurs employés. Le dernier mot doit revenir à l’employeur". Et d’ajouter : "à la longue, on interprètera les choses comme : "monsieur météo a annoncé du mauvais temps, on ne doit donc pas aller travailler". Cela n’est juste pas possible".

Pieter Timmermans a en outre indiqué que le télétravail n’est pas toujours possible, et qu’il dépend fortement des fonctions de chacun. "Cela doit pouvoir se faire de façon convenable", a-t-il précisé.

L’Union des entreprises flamandes, VOKA, s’est montrée d’accord avec le patron de la FEB. "Un tel appel à rester chez soi peut avoir de lourdes conséquences pour les entreprises", a déclaré son administrateur délégué, Hans Maertens.

"Pas une décision à la légère"

"L’appel à rester chez soi n’était pas une décision à la légère", a réagi Veva Daniëls, de l’Agence flamande des Routes et de la Sécurité. "Nous attendons ce soir encore une heure de pointe compliquée due à une combinaison des départs en vacances et des chutes de neige".

"Nous sommes reconnaissants du fait que les gens ont entendu notre appel. Ce n’était finalement pas si nécessaire ce matin, mais ça le sera peut-être ce soir. Toute personne restée chez soi représente une voiture en moins sur les routes", souligne Veva Daniëls.

De son côté, le cabinet du ministre Kris Peeters a nuancé l’"alerte" lancée hier. "Le ministre a uniquement fait référence au cadre légal qui rend possible le télétravail occasionnel", a précisé sa porte-parole, Miet Deckers. "Seuls les employeurs et les employés peuvent prendre cette décision après concertation. Et il est logique, aux yeux de tous, que le télétravail est impossible dans certains cas".