La VRT met un terme à sa collaboration avec Bart De Pauw Auteur: A.Fr. (avec Belga)

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ven. 10/11/2017 - 10:14 A.Fr. (avec Belga) Le service public flamand de radio et télévision a annoncé jeudi soir qu’il mettait fin immédiatement à sa collaboration de 30 ans avec son réalisateur de télévision, à la suite de diverses plaintes pour comportements présumés déplacés. Le quiz "Twee tot de zesde macht" que présentait Bart De Pauw (photo) actuellement le dimanche soir ne sera plus diffusé. Le CEO de la VRT, Paul Lembrechts, a précisé ce vendredi matin que la décision n’a pas été prise à la légère. Plusieurs femmes se seraient plaintes d’avances amoureuses qui ont dégénéré en harcèlement. La VRT affirme ne vouloir à aucun prix tolérer ce type de comportement et un sentiment d’insécurité pour ses collaborateurs.
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Voulant devancer l’annonce officielle de la rupture, Bart De Pauw diffusait lui-même jeudi soir un message vidéo. "La direction de la VRT m'a informé qu'elle arrêtait immédiatement sa collaboration avec moi. L'unique raison qu'elle me donne est qu'une série de comportements déplacés ont été rapportés anonymement à mon encontre via le hashtag Me Too. Des informations anonymes sur mon comportement, sur la manière dont je me comporte avec mes collaborateurs. La personne de confiance de la VRT a indiqué qu'il ne s'agissait pas d'agressions physiques, mais principalement de SMS au ton flirtant. Il a aussi été fait rapport de harcèlement", précisait Bart De Pauw (49 ans) dans son message.

Le réalisateur affirme n’avoir pu apprendre davantage de la direction sur la nature et l’origine des accusations à son encontre. "J’essaye toujours de créer un lien agréable avec les gens. Parfois avec beaucoup d’humour. Le CEO Paul Lembrechts m’a dit qu’il s’agissait de sms osés, qui devenaient pornographiques. Je nie avoir harcelé quelqu’un. Tout le monde envoie des sms, mais le harcèlement est un délit. Je n’ai jamais été rappelé à l’ordre. On ne m’a jamais demandé des explications. Un jour quelqu’un m’a dit : "Tu n’es pas marié, toi ?". Alors je me suis excusé. Mais il n’y a jamais eu d’actes sexuels ou d’invitations. C’était des imbécilités".

"Comportement récurrent"

L’administrateur-délégué de la VRT, Paul Lembrechts (photo), répondait ce vendredi matin aux questions de journalistes de la VRT sur l’interruption de collaboration avec Bart De Pauw. "Il s’agit d’un motif récurrent dans l’attitude de Bart De Pauw. Cela débute de façon innocente avec des avances amoureuses, pour évoluer vers du harcèlement. Jusqu’à des messages à caractère pornographique. Il ne s’agit pas d’un seul sms, mais de centaines de sms reçus par certaines femmes".

D’après Paul Lembrechts, il ne s’agit pas de vagues témoignages anonymes, mais de plusieurs femmes qui se sont présentées à la VRT, qui ont pu s’entretenir longuement avec la conseillère en prévention de la radiotélévision publique. "Il s’agissait parfois de faits remontant à un certain temps, parfois de faits plus récents. Mais d’un récit en détails. (…) Pour nous, il y a suffisamment de raisons pour entreprendre une action. Je trouve très important que les collaborateurs de la VRT puissent travailler dans une atmosphère et un environnement sûr et de confiance".

Paul Lembrechts affirme avoir reçu le rapport concernant Bart De Pauw il y a une semaine environ. Les plaintes ont fait suite à une invitation de la VRT à ses collaborateurs, mais aussi aux collaborateurs de maisons de production travaillant pour la VRT, de signaler d’éventuels comportements déplacés.

La VRT n’a actuellement pas connaissance de plainte introduite en justice par des victimes présumées de Bart De Pauw. Elle met par contre fin immédiatement à sa collaboration avec le producteur de télévision et à la diffusion de son quiz "Twee tot de zesde macht" le dimanche soir. Paul Lembrechts se dit néanmoins prêt à envisager la poursuite de la collaboration avec la maison de production Koeken Troef ! dont De Pauw détient une part importante et qui emploie de nombreux collaborateurs.