Stockholm : "J’ai cru qu’on allait nous tirer dessus" Auteur: Aubry Touriel

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sam. 08/04/2017 - 12:08 Aubry Touriel Au moment de l’attentat à Stockholm, Nathalie Stuer accompagnait un groupe de 400 élèves à une pièce de théâtre dans le centre-ville. Cette Flamande a témoigné sur les ondes de Radio 1. "J’ai eu tellement peur. J’ai cru qu’on allait nous tirer dessus".

"J’étais dans la salle de théâtre et ne savais pas directement ce qu’il se passait", témoigne Nathalie Stuer lors de l’émission "Bonus" sur Radio 1. Cette Flamande habite pour l’instant à Stockholm et travaillait vendredi comme volontaire avec 400 élèves.

"Mon copain a commencé à me poser des questions bizarres sur Whatsapp, j'ai donc voulu aller dehors pour voir ce qu’il y avait. Quand je suis arrivée dans le hall, j’ai vu des policiers et des pompiers courir partout ainsi que des personnes au sol." Une collègue lui a alors dit qu’un camion avait foncé à tout allure dans la rue. "La première chose qui m’est passée par la tête, c’est qu’il pouvait s’agir d’un attentat terroriste."

"J’avais tellement peur"

En tant qu’accompagnatrice de plusieurs centaines d’élèves, il vaut mieux garder la tête froide. "On essaie de se ressaisir pour les enfants", témoigne-t-elle avant de poursuivre : "La police nous a dit de quitter le bâtiment par la porte arrière. Quand nous étions tous dehors, tout le monde a commencé à crier et à retourner dans le théâtre. La seule chose que j’ai entendue, c’était : "Rentrez, rentrez !"" Elle est rentrée par une autre porte, car il y avait trop de monde devant la première et en a ensuite ouvert une autre pour que les gens dans la rue puissent rentrer.

"À ce moment-là, je pensais que quelqu’un avec un pistolet allait rentrer et tous nous tirer dessus, j’avais tellement peur. La police a ensuite indiqué qu’elle devait fermer les portes du bâtiment."

Tout le monde devait rester à l’intérieur du bâtiment pour quatre heures. Pendant ce temps, la police, les pompiers et les services d’aides ont gardé de bons contacts avec les personnes enfermées, selon Nathalie Stuer. "Ils ne nous ont pas raconté beaucoup de détails sur les faits, mais ils s’occupaient surtout de nous : combien sommes-nous ? Avons-nous besoin de quelque chose ? Comment va-t-on organiser l’évacuation ?" Des bus sont ensuite venus chercher les enfants par classe et les ont emmenés au centre de crise. Les retrouvailles avec les familles étaient vraiment un moment émouvant."

Un jour après l’attentat, Nathalie Struer est encore en état de choc : "J’essaie de me rendre compte de ce qu’il s’est passé. Cela semble tellement surréaliste."