Le père d’Eefje attaque les enfants de Dutroux en justice Auteur: A.Fr. (avec Belga)

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ven. 14/08/2015 - 13:10 A.Fr. (avec Belga) Jean Lambrecks (photo principale), dont la fille Eefje a été enlevée et assassinée par Marc Dutroux il y a bientôt 20 ans, réclame aux trois enfants du pédophile les montants dus aux victimes par leur mère Michelle Martin. L’ex-épouse et complice de Dutroux a été considérée comme insolvable, après avoir refusé l’héritage de sa mère au profit de ses enfants. Selon Lambrecks, elle aurait ainsi voulu éviter de devoir dédommager les victimes.

La mère de Michelle Martin décédait en 2000. En tant qu’enfant unique, l’ex-épouse de Marc Dutroux aurait normalement dû hériter de la totalité de ce que laissait sa mère, dont notamment une villa à Waterloo, les économies de la défunte, une collection de bijoux et de pièces de monnaie, ainsi qu’un portefeuille d’actions. Un patrimoine évalué à 200.000 euros. Mais Michelle Martin refusait l’héritage, au profit de ses trois enfants.

D’après Jean Lambrecks - le père d’Eefje qui a été enlevée avec son amie An Marchal en août 1995 par Marc Dutroux, avant d’être séquestrée, violée puis assassinée - estime que Michelle Martin a sciemment refusé son héritage pour éviter que la justice ne confisque ces biens afin de dédommager les victimes de son époux Marc Dutroux.

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En plus de sa peine de prison - Martin est actuellement en liberté conditionnelle -, la justice avait en effet imposé à la complice du pédophile des dommages et intérêts aux victimes pour un montant de 179.000 euros. Montant dont elle n’a pu s’acquitter puisque déclarée insolvable.

"Au moment où Michelle Martin a refusé l’héritage de sa mère, elle savait déjà qu’elle devrait verser d’importants dommages et intérêts aux parties civiles, dont moi-même. C’était clair, même si le montant de ce dédommagement n’était pas encore connu", explique Jean Lambrecks au quotidien Het Belang van Limburg.

C’est la raison pour laquelle il attaque en justice les deux fils et la fille de Michelle Martin et Marc Dutroux, dans l’espoir de pouvoir récupérer au moins une partie de l’argent. Il affirme entamer cette procédure en justice non pas pour des raisons financières, mais bien morales.

L'avocate des enfants de Marc Dutroux n'avait pas encore lu l'acte de citation ce vendredi matin, mais s'est dite choquée par cette nouvelle. "Les enfants n'ont absolument rien à voir avec cela. Qu'on les laisse tranquille ! Ils ont leur vie et ne peuvent être mis en lien avec l'histoire de leurs parents. On n'est jamais responsable de sa naissance", a-t-elle commenté.

L’affaire Dutroux

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Le 24 mars 1995, Julie Lejeune et Mélissa Russo - les deux premières victimes de Marc Dutroux (photo) et ses complices - étaient enlevées dans les environs de Liège. Les fillettes de 8 ans étaient alors enfermées pendant des mois dans une cave spécialement aménagée par Marc Dutroux à Marcinelle, où elles succombaient finalement à la faim. Pendant que Dutroux faisait de la prison pour une autre affaire, son épouse Michelle Martin n’avait pas osé donner à manger aux fillettes.

Quelques mois plus tard, Dutroux et un complice enlevaient An Marchal et son amie Eefje Lambrecks, au littoral. Elles ont été assassinées avant que le pédophile ne soit finalement arrêté en août 1996. Les dernières victimes de Dutroux, Sabine Dardenne et Laetitia Delhez ont été retrouvées vivantes dans une cachette.

La manière dont l’enquête s’est avéré avoir été menée après les disparitions des enfants a soulevé de très nombreuses critiques après la révélation au grand jour de l’affaire Dutroux. Le mauvais fonctionnement des services de police et de la justice en Belgique ont entraîné, successivement, la Marche Blanche à Bruxelles, une réforme des services de police et la création de Child Focus, le Centre européen pour Enfants disparus et sexuellement exploités.

Condamnée à 30 ans de prison, Michelle Martin bénéficie depuis 2012 - et après 16 ans d’incarcération - d’une libération conditionnelle, très controversée. Elle a vécu un certain temps dans un couvent à Malonne, avant d’être accueillie dans une ferme près de Namur.


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