Pourquoi les Belges boudent-ils le lapin ? Auteur: Eric Steffens

Martha de Jong-Lantink - Flickr / Creative Commons by-nc-nd
mer. 07/02/2018 - 12:07 Eric Steffens L'Office Flamand d'Agro-Marketing (VLAM) a lancé une nouvelle campagne destinée à promouvoir la consommation de viande de lapin. Ces dernières années la consommation de lapin s’est presque effondrée en Belgique. Les raisons sont multiples.

Aujourd'hui, les Belges mangent moins de 250 grammes de viande de lapin par an, alors qu'il y a quinze ans c'était plus du double, c’est la raison pour laquelle le VLAM a décidé de lancer la "Semaine du Lapin" une campagne destinée à convaincre les ménages de remplacer de temps en temps le poulet ou le bœuf par de la viande de lapin.

S'il y a trente ans il y avait encore une centaine d'éleveurs de lapin en Belgique, aujourd'hui il en reste à peine 25. Et la plupart n'ont pas de successeur.

Le VLAM veut surtout cibler les jeunes ménages. Plus de 80% de la viande de lapin est achetée par des personnes de plus de 50 ans. Les jeunes et les personnes seules n'en achètent pas du tout.

Les jeunes considèrent le lapin comme un animal de compagnie et pas comme un aliment. "Pourtant au 19e siècle et au début du 20e siècle le lapin était aussi considéré comme tel, et pourtant on le mangeait", a expliqué l’historien de la gastronomie Peter Scholliers dans l’émission "De Wereld vandaag" (VRT).

"C'était bon marché et c'était souvent la seule viande que l'on pouvait se payer durant une semaine ou un mois".

Mais les lapins d'antan ne sont pas ceux d'aujourd'hui. "Les lapins d’élevage de jadis  étaient gros et lourds, alors qu’aujourd’hui ils sont mignons et considérés comme des animaux en peluche. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi nous mangeons moins de lapin aujourd’hui".

"On voit bien que c'est un animal"

La viande de lapin est pourtant bonne pour la santé. "Souvent, on ignore que c'est une viande maigre qui se mange sous de nombreuses formes et qui est riche en acide gras oméga 3" explique le VLAM.

"Mais c'est aussi une sorte de viande où la forme de l'animal est encore très visible", ajoute Peter Scholliers. "Lorsque vous coupez du poulet ou du bœuf. L'animal disparaît pour devenir des tranches. Ce n'est pas le cas pour le lapin. On voit bien que c'est un animal. Cela joue certainement un rôle".

Les personnes de plus de 50 ans achètent encore du lapin, elles savent comment le préparer. Les jeunes par contre ne trouvent pas cela pratique, car cela dure longtemps avant qu’un lapin soit prêt. De plus, ils n’en connaissent pas le goût puisqu’ils n’en ont presque jamais mangé.

"Les goûts évoluent continuellement" ajoute Peter Scholliers. "Et souvent l’évolution est inconsciente. C’est aussi le cas pour les légumes. Actuellement il y a une grande mode pour les légumes oubliés. On voit ainsi des légumes réapparaitre que les personnes âgées n’aimaient pas du tout lorsqu’elles étaient jeunes. Dans une certaine mesure c’est aussi de la nostalgie".