"L’année prochaine, vous risquez de devenir dépressif ou alcoolique" Auteur: AT

AP
mer. 25/10/2017 - 13:19 AT Certains étudiants de première année à l’université de Louvain (KU Leuven) devraient bientôt recevoir un e-mail pour les avertir qu’ils risquent de devenir dépressifs ou alcooliques, après avoir rempli un questionnaire. La commission sur la vie privée émet des réserves.

"Comment te sens-tu ?", "As-tu déjà eu des pensées sombres ?"… voici des exemples de questions figurant dans le questionnaire envoyé aux étudiants de la KU Leuven en première année. Le professeur Ronny Bruffaerts et deux doctorants, Philippe Mortier et Glenn Kiekens, envoient ce formulaire depuis 2012 et les étudiants sont libres d’y répondre ou non. Les étudiants en première année d’il y a cinq ans ont été interrogés pendant tout le parcours scolaire. Chaque année, ils ont reçu un questionnaire. Au total, l’équipe de Ronny Bruffaerts a récolté les réponses de 12 000 étudiants.

Prévenir la dépression

Les chercheurs ont analysé la masse de données provenant des étudiants, ils ont ensuite dressé une liste de facteurs à risque pouvant provoquer une dépression, une tendance au suicide ou une dépendance à l’alcool. Ils ont également réussi à mettre au point un algorithme qui détermine avec précision l’ampleur des risques qu’un étudiant en première année souffre de troubles psychiques.

Période critique

Les chercheurs ont décidé d’agir de manière préventive à l’aide de ce nouvel algorithme. Résultat : l’étudiant(e) de première année recevra automatiquement un e-mail si ses réponses montrent qu’il/elle appartient à un groupe à risque. C’est important de tenir au courant les étudiants, selon Ronny Bruffaerts : "Les études sont une période critique pour le développement des problèmes émotionnels. En outre, les jeunes entre 18 et 24 ans sont soumis à une forte pression pour prester que ce soit sur le plan intellectuel et social et ils ont souvent besoin d’aide."

Et la commission sur la vie privée ?

Pour l’instant, aucun e-mail n’a été envoyé automatiquement aux étudiants de première année. Il faut attendre l’approbation de la commission sur la vie privée. Son président Willem De Beuckelaere ne voit pas cette idée d’un bon œil : "La loi sur le droit des patients dit que chaque patient(e) a le droit de savoir ce qui se trouve dans son dossier, mais également qu’il/elle doit être accompagné(e) par un médecin ou autre expert médical quand il reçoit des explications. Un e-mail automatique s’apparente à mes yeux à un coup de feu, on ne peut pas traiter les gens de la sorte."