Qualité de l’air : Greenpeace attaque les gouvernements flamand et wallon Auteur: A.Fr.

Belga
lun. 11/09/2017 - 12:13 A.Fr. L’organisation de protection de l’environnement a envoyé ce lundi une mise en demeure au ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio, et à son homologue flamande, Joke Schauvliege (CD&V). Elle leur reproche un manque d’actions pour lutter contre la pollution de l’air, mais aussi la mise en place d’un "système de mesures inadéquat" pour évaluer la situation. Si Greenpeace ne reçoit aucune réponse convaincante dans le mois, elle veut porter l’affaire devant la justice.

"Ces gouvernements sont coupables d'absentéisme dans la défense de leurs citoyens contre les impacts catastrophiques de la pollution de l'air sur notre santé", estime Joeri Thijs (photo), responsable de la campagne Qualité de l'air au sein de l'ONG de protection de l’environnement. "Notre pays est à la traîne et a des scores très faibles, principalement en matière d'émissions de dioxyde d'azote - provenant surtout des moteurs diesel. C'est pourquoi nous avons décidé de les attaquer en justice."

Selon une nouvelle étude de l'Institut tropical et de santé publique suisse commandée par Greenpeace, il n'existe aucun niveau sûr de pollution de l'air. "Même quand les concentrations sont inférieures aux normes européennes, il y a tout de même un impact négatif significatif sur notre santé", fait remarquer l'organisation.

"Nous sommes tous en train d'empoisonner nos enfants, car ils sont encore plus sensibles que nous à l'inhalation d'air pollué par le dioxyde d'azote", souligne Joeri Thijs. Le risque d'asthme chez les enfants augmente ainsi de 15% à chaque fois qu'ils sont exposés de 10 µg/m³ de dioxyde d'azote. La norme européenne est fixée à 40µg/m³.

Greenpeace a effectué des tests à Bruxelles et Liège lors de la semaine de la rentrée scolaire. Les conclusions sont que les enfants transportés à l'école en voiture sont exposés à des quantités malsaines d'air pollué.

"L’impact négatif est très grand" en Flandre

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D’après Joeri Thijs, "le gouvernement flamand mène déjà depuis des années une politique visant à polluer moins l’atmosphère, mais en même temps nous voyons que l’impact négatif sur notre santé est très important, surtout chez les enfants".

Les chiffres officiels du gouvernement flamand indiquent que les normes en matière d’émission de dioxyde d’azote ne sont dépassées que dans la ville d’Anvers. Mais Thijs estime que ces chiffres donnent une image tronquée de la réalité. "C’est nettement plus large. En fait, nous dépassons ces normes dans toutes les villes, et dans toutes les régions où la circulation routière est dense".

Toujours selon Greenpeace, le gouvernement flamand fait trop peu pour améliorer la qualité de l’air. "Je constate que le ministre de la Mobilité, Ben Weyts, estime que les transports publics doivent faire des bénéfices et que leurs chiffres doivent être corrects. Cela me démontre que le gouvernement flamand ne comprend pas l’impact réel de la pollution sur notre santé, ni l’impact qu’a notre circulation routière sur le climat".

Schauvliege : "Nous faisons beaucoup contre la pollution de l’air"

La ministre flamande de l’Environnement, Joke Schauvliege (photo), se dit peu surprise par la mise en demeure de Greenpeace. Pareille chose s’est déjà produite dans d’autres pays. Bien qu’elle reconnaisse que son gouvernement se montre hésitant dans son approche pour réduire la pollution atmosphérique, elle contredit les propos de Greenpeace.

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"Nous avons déjà pris toute une série de mesures. Songez à la fiscalité pour les voitures, qui s’est teintée de vert. Si vous achetez une voiture propre, qui émet moins de particules fines, vous payer nettement moins de taxes. Nous constatons que les gens abandonnent progressivement le diesel. Songez aussi aux zones de basses émissions (photo ci-dessous), que nous avons introduites. La première est entrée en vigueur il y a quelques mois à Anvers. Ce sont là deux exemples, mais il y en a nettement plus".

Joke Schauvliege souligne que la Flandre reste transparente par rapport aux mesures. "Tout le monde peut les consulter via le site internet vmm.be, on peut les voir en temps réel. Et nous faisons rapport de façon correcte aux autorités européennes".

Mais Greenpeace estime que ce n’est pas suffisant pour protéger notre santé. "Il faut cependant que cela reste faisable et acceptable", déclare Schauvliege. "Il y a aussi une composante sociale : si l’on interdisait les voitures au diesel du jour au lendemain, pas tout le monde aurait les moyens financiers d’acheter une voiture électrique. Nous devons introduire toutes les mesures de façon bien pensée et en nous laissant le temps", estime encore la ministre flamande.

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