La première contamination au fipronil déjà constatée mi-mai ? Auteur: A.Fr. (avec Belga)

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mar. 08/08/2017 - 10:47 Update: mar. 08/08/2017 - 13:17 A.Fr. (avec Belga) Le député européen Bart Staes (Groen) a indiqué ce mardi à la VRT que "la première contamination à l’insecticide fipronil en Belgique a été constatée à la mi-mai par une entreprise privée". D’après lui, notre pays a mis un mois et demi avant de prévenir ses voisins. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) affirme cependant n’avoir été prévenue d’une contamination potentielle d’œufs que le 2 juin, date de la notification de l’entreprise. "Personne ne savait mi-mai qu’il y aurait un problème avec le fipronil".

"Les premières mesures au sein de cette entreprise privée le 15 mai indiquaient des valeurs de fipronil entre 0,0031 et 1,2 mg", explique l’eurodéputé Bart Staes (photo). Début juin, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) entame sa propre enquête et avertit les autorités judiciaires, ce qui constitue la bonne marche à suivre, estime l'eurodéputé.

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Selon lui, le problème est le temps mis par la Belgique à enclencher le système d'alerte rapide européen pour les produits dangereux. "Les autres Etats membres ont été prévenus le 20 juillet. Des informations complémentaires ont été fournies le lendemain, avant que des questions ne soient formulées par l'Allemagne et les Pays-Bas le 27 juillet."

L'élu fustige "la réaction extrêmement lente" de la Belgique. "Un mois et demi me semble une bien longue période pour réfléchir. Ils auraient dû intervenir bien plus vite", estime-t-il. "La lenteur de la réaction belge a suscité une certaine forme de panique au sein des autres Etats membres."

"Mi-mai, personne n’était au courant du problème"

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Dans une réaction, l'Afsca souligne ce mardi qu'elle n'a été mise au courant d'une contamination potentielle d'œufs que le 2 juin, date de la notification de l'entreprise. L'agence insiste sur le fait que personne ne savait que du fipronil se trouvait sur des œufs le 15 mai, car c'est à ce moment-là que les premiers échantillons ont été prélevés lors d'un contrôle standard et qu'ils ont été envoyés pour analyse au laboratoire.

Le fipronil atterrit régulièrement dans nos assiettes, révèle le quotidien flamand De Morgen ce mardi sur base de données des autorités sanitaires européennes. Depuis 2011, cet insecticide a été détecté 46 fois dans des produits alimentaires sur le marché européen.

Onze de ces cas ont été constatés en Belgique, mais les taux mesurés demeuraient à chaque fois largement en dessous des seuils d'alerte. La santé publique n'a été mise en danger dans aucun cas, même si un "risque sérieux" a pu être mentionné.

L'Afsca déjà épinglée en mars par la Cour des comptes

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L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, soumise au feu de la critique pour sa communication tardive autour du scandale du fipronil, avait déjà été épinglée début mars par la Cour des comptes (photo). L'instance avait souligné le manque de supervision de l'Afsca sur le système d'auto-contrôle des opérateurs.

Le respect des prescriptions relatives à la sécurité alimentaire incombe en premier lieu aux agriculteurs, producteurs, commerçants et autres opérateurs. Tous doivent disposer, depuis 2005, d'un système d'auto-contrôle afin de veiller à ce que les produits dont ils ont la gestion satisfassent aux critères de sécurité, qualité et traçabilité édictés par l'Afsca.

L'agence, elle, doit en assurer la supervision. Mais d'après un audit de la Cour des comptes, c'est là que le bât blesse. De nombreux opérateurs ont été contrôlés ces dernières années sur le respect des prescriptions en matière d'hygiène, mais "ont échappé à l'inspection de leur système d'auto-contrôle". Or, "il n'est pas possible d'évaluer la fiabilité d'un tel système uniquement sur base des contrôles d'hygiène", avait conclu la Cour des comptes.

Selon l'Afsca, qui a examiné les recommandations de la Cour des comptes et proposé d'y répondre par certaines actions, les chiffres sur lesquels portait l'audit remontaient toutefois à 2013, la situation sur le terrain ayant évolué depuis lors.


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