La voiture électrique pas aussi verte qu’on le pense ? Auteur: A. François

AP
lun. 10/11/2014 - 09:59 A. François Une étude indépendante menée par Transport & Mobility, une spin-off de l’Université catholique de Louvain (KU Leuven), révèle que la voiture électrique produit à peine moins de particules fines qu’une nouvelle voiture à essence. Cela s’explique partiellement par une usure plus rapide des freins et des pneus sur la route.

La pollution de l’air par la combustion du carburant (ou gaz d’échappement) est pratiquement nulle dans le cas des voitures électriques, étant donné qu’elles roulent grâce à des batteries. Mais la production de particules fines par une usure plus importante des freins et des pneus sur la route est probablement aussi importante, voire même supérieure, avec les voitures électriques que les voitures à essence "classiques".

Belga

Cela s’explique notamment par le fait que les voitures électriques pèsent davantage que les voitures à essence, en raison de leurs lourdes batteries. En milieu urbain, où il est nécessaire de freiner souvent, cela engendre une pollution accrue.

D’après l’étude indépendante de la société Transport & Mobility, la voiture électrique est cependant plus écologique que la voiture roulant au diesel, cette dernière émettant également de l’oxyde d’azote. "Si la voiture électrique remplaçait toutes les voitures au diesel, cela améliorerait certainement la qualité de l’environnement", indique le chercheur Bruno Van Zeebroeck au quotidien De Standaard. "Mais remplacez les voitures au diesel par des voitures à essence et le gain pour l’environnement est pratiquement aussi important. Si l’on se concentre uniquement sur la production de particules fines, cela a peu de sens d’investir beaucoup d’argent dans la réalisation d’une voiture électrique".

Van Zeebroeck estime néanmoins que des véhicules électriques légers - comme les vélos électriques ou des voitures très légères dont la vitesse maximale est limitée - représentent par contre réellement une plus-value pour l’environnement.

"Pourquoi la stimuler fiscalement ?"

Belga

Sur base de sa recherche, Bruno Van Zeebroeck s’interroge sur l’opportunité de l’incitant fiscal pour la voiture électrique. "Les véhicules électriques sont chers, ils coûtent vite entre 10.000 et 15.000 euros de plus qu’une voiture à essence. Pouvons-nous attendre des autorités qu’elles financent une partie de ce solde si les avantages pour l’environnement sont limités ?".

"D’autre part, ces voitures électriques ne résolvent pas le problème des embouteillages et elles occupent presqu’autant de place dans les villes".

Invité dans l’émission "De Ochtend" (VRT), Bruno Van Zeebroeck a encore indiqué que sur base de tests dans la pratique - limités en nombre, il est vrai -, on peut se poser des questions sur l’économie des voitures électriques. "Car ces tests auraient révélé que la consommation d’énergie des autos électriques n’est pas aussi basse qu’escompté. La différence entre la consommation théorique et dans la pratique serait plus importante qu’avec les voitures conventionnelles".