La Belgique double sa participation militaire en Irak

L’an prochain, l’armée belge restera active dans les mêmes pays, mais le nombre de militaires envoyés en Irak augmentera sensiblement, dans le cadre de la mission d’entraînement, de conseil et d’assistance des forces locales. Une trentaine de militaires supplémentaires seront également dépêchés en renfort à la mission de l’Otan en Afghanistan. Le budget passera de 73 millions d’euros en 2017 à 68,7 millions en 2018, indiquait ce vendredi le ministre de la Défense, Steven Vandeput.

Le plan des opérations 2018 de la Défense a été approuvé vendredi matin en conseil des ministres. La baisse du budget s'explique principalement par le fait que les Pays-Bas reprendront les missions menées dans l'espace aérien irakien dès le 2 janvier 2018. Les F-16 belges y ont été déployés durant plus d'un an dans le cadre de la participation de la Belgique aux activités de la coalition contre l'Etat islamique (EI).

"Le déploiement des F-16 demande un investissement important", indiquait le ministre de la Défense. La Belgique fournira une unité de protection d'environ 30 militaires au profit des appareils néerlandais jusque fin 2018. Steven Vandeput (photo) souligne toutefois que la Belgique poursuit plus que jamais ses efforts dans la lutte contre le terrorisme.

En Irak, dans le cadre de la coalition anti-Etat islamique, la Défense augmentera ainsi significativement sa participation dans le domaine de l'entraînement, du conseil et de l'assistance au profit de forces locales ('Train, Advise and Assist') par le déploiement d'environ 95 militaires. Ils se répartiront sur tout le territoire irakien, à partir d'un point d'attache fixe dans le nord du pays. La Défense continuera à participer au programme de formation des officiers locaux avec environ dix militaires dans le rôle 'Train the Trainer'. Le nombre de militaires belges impliqués dans les opérations de la coalition internationale en Irak passera ainsi de 52 à près de 100.

Afghanistan et Mali

En Afghanistan (photo archives), la Belgique a répondu à l'appel lancé par l'Otan en envoyant une trentaine de soldats supplémentaires en appui à la mission de conseil et d'assistance 'Resolute Support'. "Un peloton de reconnaissance sera déployé afin de répondre aux besoins de nos alliés", précise le chef de la Défense.

Le 31 janvier 2018 marquera la fin du commandement belge de la mission européenne d'entrainement des forces armées maliennes (EUTM Mali), dans laquelle près 175 militaires sont engagés. L'armée belge maintiendra ensuite une vingtaine de militaires en appui de cette opération. Mais la participation de la Belgique à l'opération MINUSMA de l'ONU sera renforcée. Un officier général belge occupe la fonction de 'Force commander' au sein du quartier général avec le soutien de 20 militaires.

Une douzaine de spécialistes du renseignement seront déployés aux côtés des Allemands, puis 40 militaires s'ajouteront dès juillet prochain. Les forces belges mettront également à disposition de l'ONU deux hélicoptères NH90 et un avion C130, qui seront accompagnés respectivement de 50 et 65 militaires.

Les militaires maintenus dans les rues belges

Dans les pays baltes, la Belgique fournira, de septembre à fin 2018, une compagnie de manœuvre de près de 230 militaires au bataillon multinational de l'Otan en Lituanie dans le cadre de la "présence avancée renforcée". Celle-ci consiste à déployer quatre bataillons multinationaux dans chacun des trois pays baltes et en Pologne, non loin de la frontière avec la Russie. Dès septembre, et durant quatre mois, quatre F-16 assureront le renforcement de la police aérienne ('Baltic Air Policing'), avec 50 militaires, à partir d'une base en Lituanie. Près de 45 personnes assureront durant trois semaines une mission de déminage en mer Baltique, au moyen d'un chasseur de mine, et le Godetia - avec un équipage de 90 militaires - y participera également pour une même durée.

Une frégate belge sera engagée pendant trois semaines avec un équipage de près de 175 militaires dans l'opération 'Sea Guardian' de l'Otan de lutte contre le trafic d'êtres humains, les armes illégales et le terrorisme en Méditerranée. Les belges participeront également à l'entraînement des garde-côtes libyens dans le cadre de l'opération européenne 'Sophia'.

Enfin, en Belgique, les militaires continueront à patrouiller en rue en appui de la police. Le ministre de la Défense Vandeput indique qu'une évaluation est menée "de mois en mois".

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