"Nous continuerons à gouverner, jusqu’à la dernière minute" Auteur: A.Fr. (avec Belga)

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mar. 10/10/2017 - 16:53 A.Fr. (avec Belga) Dans sa Déclaration de politique générale, prononcée ce mardi à la Chambre à l’occasion de l’ouverture de l’année politique au Parlement fédéral, le Premier ministre Charles Michel (photo) a peint un portrait très positif du pays. Il a affirmé que son gouvernement ne ralentirait pas sa politique de réforme pendant les 18 mois de législature qui lui restent, ne se laissant pas distraire par les échéances électorales. Selon Charles Michel, le travail est le meilleur moyen de redonner la santé au pays.

"Nous entrons dans notre quatrième année de gouvernement, un moment charnière. L'an prochain, il y aura des élections (le scrutin communal d'octobre, ndlr). Mais il reste 18 mois avant la fin de la législature. Et ma conviction est claire. Les gens n'attendent de nous qu'une chose: que nous gouvernions, gouvernions et encore gouvernions. Nous continuerons à gouverner, jusqu'au dernier jour et à la dernière minute. Le moteur de la réforme ne peut pas s'arrêter", a expliqué Charles Michel.

Le chef du gouvernement fédéral a passé en revue les réalisations de son équipe, entrée en fonction en octobre 2014. Il s'est félicité de la création d'emplois - 130.000 emplois en trois ans - contestant au passage qu'il s'agisse d'emplois précaires. "Entre fin 2015 et fin 2016, le nombre d'emplois à temps plein a augmenté de 60.491 unités (...) Jobs, jobs, jobs, c'est une réalité jour après jour."

AP

Les mois qui viennent seront consacrés à la mise en œuvre de l'accord budgétaire de l'été et à la poursuite d'une série de réformes, qu'il s'agisse du "tax shift", de la réforme des pensions ou de celle des hôpitaux. Le climat social demeure tendu. Le gouvernement entend toujours donner sa place à la concertation sociale. "Mais si la concertation ne donne pas de résultat, il appartient au gouvernement de trancher", a précisé Charles Michel, profitant de l'occasion pour dénoncer la grève des services publics organisée ce mardi par le syndicat socialiste. "Nous continuons à investir dans la concertation sociale, mais nous défendrons toujours le droit à travailler."

En matière d'allocations sociales, le Premier ministre libéral a répété l'objectif d'atteindre "progressivement les seuils de pauvreté au niveau européen" contenu dans l'accord de gouvernement et les efforts déjà réalisés. Après la polémique du week-end - faisant suite à une déclaration de la Secrétaire d’Etat Zuhal Demir chargée de la Lutte contre la pauvreté - Charles Michel n'a toutefois pas précisé si l'objectif serait effectivement atteint.

Le climat politique est lui aussi souvent explosif. La crise migratoire a exposé le gouvernement à de nombreuses critiques, parfois très vives à l'égard de certains de ses membres, en particulier du Secrétaire d'Etat Theo Francken (photo). Le Premier ministre a lancé à un appel à la sérénité. "Les reproches ad hominem sont devenus la nouvelle norme. Les comparaisons faites trop souvent avec le nazisme ou des génocides sont mauvaises pour la crédibilité de la démocratie. Il est de la responsabilité de tout un chacun de préserver la sérénité de nos débats. Nous pouvons avoir des avis différents mais dépassons les injures, les mensonges ou la désinformation".

Le Premier ministre a commencé son intervention par les chantiers internationaux, insistant aussi bien sur l'engagement dans l'OTAN qui doit demeurer "la pierre angulaire de notre sécurité", que sur une Europe de la Défense qui "doit devenir une réalité". Il a également appelé de ses vœux l'avènement d'une "Europe des solutions" après l'"Europe des crises". "Je veux quoi qu'il en soit installer notre pays dans le cockpit de l'Union européenne", a lancé Charles Michel.

Comité de concertation sur la mobilité

Le Premier ministre a d’autre part annoncé ce mardi qu'il convoquerait un comité de concertation exceptionnel consacré à la mobilité. La date n'a pas encore été fixée, mais la réunion aura lieu dans les semaines qui viennent, a expliqué son cabinet sans autre précision.

"Le développement d'une mobilité durable et efficace est nécessaire. Il est urgent d'obtenir la clarté sur l'état réel des infrastructures et les conditions de leur entretien", a indiqué Charles Michel devant la Chambre, à l'heure où l'état des tunnels et viaducs bruxellois alimente la chronique. "Chacun a sa responsabilité", a-t-il ajouté, en évoquant le rôle de catalyseur que doit jouer le Pacte d'investissement lancé l'an passé par le gouvernement fédéral.

Le 20 novembre, le plan pluriannuel d'investissement pour le rail sera présenté aux Régions et sera ouvert à leur cofinancement. Il est notamment prévu d'améliorer l'accès au port d'Anvers et à l'aéroport de Charleroi. "La priorité, c'est le service aux navetteurs: sécurité, ponctualité et propreté. Le temps des gares somptuaires est révolu", a averti le Premier ministre.