Françoise Nyssen, la ministre de la Culture d'Emmanuel Macron est Belge Auteur: E.S. avec AFP

Belga
jeu. 18/05/2017 - 10:55 E.S. avec AFP La présidente de la maison d’édition d’Actes Sud, Françoise Nyssen, 65 ans a été nommée mercredi ministre de la Culture du gouvernement d’Emmanuel Macron. Elle est connue pour son engagement citoyen et une détermination sans faille qui a fait d'une "petite" maison un des fleurons de l'édition française. Fille de l'écrivain Hubert Nyssen (1925 - 2011), elle est née à Etterbeek et possède la double nationalité française et belge.

Françoise Nyssen est née le 9 juin 1951 à Etterbeek. Après une scolarité au lycée français de Bruxelles, elle étudie la chimie à l’Université libre de Bruxelles. Son grand-père était médecin généraliste et médecin en milieu carcéral à Anvers.

Elle fit ensuite des études d’urbanisme qui la mèneront dans un cabinet d’architecte. En 1978 son père Hubert Nyssen, un écrivain né à Bruxelles en 1925 lance la maison d’édition Actes Sud. Il lui propose de participer au lancement. Elle commence à y travailler en 1980, pas à Paris mais à Arles, dans le sud de la France. Quelques années plus tard elle y crée avec son mari Jean-Paul Capitani un centre culturel.

L'année 2015 sera faste pour Actes Sud. Françoise Nyssen est l'heureuse éditrice de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de deux prix Nobel de littérature (Imre Kertész et Svetlana Alexievitch).

Défricheuse en littérature, elle a publié des auteurs comme l'Algérien Kamel Daoud, le Britannique Salman Rushdie, la Turque Asli Erdogan ou l'Américain Paul Auster.

Mais sa maison est également l'éditeur de la série de polars suédois "Millenium", imaginée par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz, ou du best-seller mondial "Le charme discret de l'intestin" de l'Allemande Giulia Enders.

Sous sa houlette, Actes Sud est passé du statut de maison provinciale discrète à celui d'éditeur en vue.

"Quel bon choix, quelle bonne nouvelle !"

Silhouette longiligne, cheveux châtain coupés au carré, fines lunettes rondes, cultivant une allure élégante et décontractée, Françoise Nyssen avait elle-même guidé le candidat Emmanuel Macron lors de sa visite au Salon du livre de Paris. Entre les deux tours de la présidentielle, elle avait indiqué qu'elle "voterait avec détermination et joie pour Emmanuel Macron".

Au départ rien ne la destinait à devenir éditrice. Chercheuse en biologie moléculaire à Bruxelles elle avait ensuite travaillé à la fin des années 1970 à la direction de l'Architecture au ministère de la Culture à Paris.

Parallèlement à ses fonctions d'éditrice, cette passionnée de musique, est un des membres fondateurs de l'Association culturelle du Méjan, dont l'objet est d'organiser des concerts, des expositions, des rencontres littéraires et cinématographiques au Passage du Méjan à Arles.

Après le suicide à 18 ans de son fils Antoine, qui n'avait jamais trouvé sa place dans le système éducatif, elle crée avec Jean-Paul Capitani l'école du Domaine du possible à Arles, école innovante, active (sur le modèle des écoles Freinet ou Montessori), pour aider les enfants qui n'ont pas su, pu ou voulu s'adapter à un système scolaire trop rigide.

Elle devrait effectuer ses premiers pas en tant que ministre de la Culture lors du festival de Cannes. Il était prévu qu'elle y reçoive un prix pour une collection de livres de cinéma qu'elle publie depuis 25 ans en partenariat avec l'Institut Lumière.

"Françoise Nyssen, ministre de la Culture... Quel bon choix, quelle bonne nouvelle pour ce ministère! ", a réagi sur Twitter le président du festival de Cannes, Pierre Lescure.