Il y a 100 ans: la famille royale quitte Anvers

dim. 31/08/2014 - 11:06 Cette année marque le début des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. La Belgique fut entraînée dès le 4 août 1914 dans le conflit international, à la suite de l’invasion de l’armée allemande. Ces prochaines semaines, nous vous proposons des photos historiques de la Belgique en guerre, datant d’il y a exactement 100 ans.

31 août 1914

Le roi Albert, la reine Elisabeth et leurs enfants Léopold, Charles et Marie-José posent pour les photographes. Le 31 août 1914, la reine et ses enfants quittent Anvers à bord du ferry Jan Breydel pour l’Angleterre. Le bateau à vapeur est escorté par quatre navires de la Royal Navy car à bord se trouve aussi une grande partie des réserves d’or de l’Etat belge.

30 août 1914

Dans les bois de Prusse orientale, les Allemands administrent une lourde défaite à deux armées russes. La bataille de Tannenberg (dans le nord-est de l’actuelle Pologne) durera quatre jours : du 26 au 30 août 1914. Les Russes qui étaient pourtant les plus nombreux subiront de très lourdes pertes. Ce dessin est paru le 10 septembre 1914 dans le magazine allemand "Illustrierte Zeitung".

29 août 1914

"La guerre des francs-tireurs belges: l’épuration du village de Kortenberg près de Louvain, dont les habitants ont tiré sur les soldats allemands le 28 août. Un dessin anglais qui, dans la mesure où il contenait des offenses pour les soldats allemands, a été modifié par notre patrie". Telle est la phrase qu’on l’on peut lire sous ce dessin paru dans la revue allemande ‘Illustrierte Zeitung’ datant du 17 septembre 1914.

28 août 1914

Sur la photo, un prêtre soigne un soldat belge. Au début de la guerre, les séminaristes et les instituteurs étaient dispensés du service militaire. Ils devaient toutefois suivre une courte formation de premiers secours. Ils étaient alors souvent appelés à servir en tant que brancardier. Au début, les secouristes n’avaient pas d’uniforme, mis à part un brassard de la Croix Rouge. Dans la majorité du temps, l’aide médicale était totalement improvisée.

27 août 1914

Quelques jours après le bombardement de la ville d’Anvers par un Zeppelin, les autorités décident de mettre en sécurité les trésors abrités par la Cathédrale Notre-Dame d’Anvers. L’un des chefs-d’œuvre de Pierre Paul Rubens, La Descente de Croix, que l’on voit sur la photo, sera notamment retiré des murs de la cathédrale et caché dans les caves du Musée des Beaux-Arts.

26 août 1914

Des civils belges, accusés d'être des francs-tireurs, sont emmenés par des soldats allemands. C'est une scène qui s'est reproduite de nombreuses fois pendant la Première Guerre mondiale. 

25 août 1914

Après la destruction de Louvain, la propagande allemande (comme sur cette illustration) met surtout l’accent sur le fait que les soldats allemands ont tout fait pour éviter que l’hôtel de ville de la cité universitaire ne soit emporté par les flammes, après que la ville "ait été incendiée par les Belges".

24 août 1914

Dans la nuit du 24 au 25 août 1914, un Zeppelin lâche une dizaine de bombes sur la ville d’Anvers. L’image montre les endroits atteints par les obus. Au total, 12 personnes perdront la vie, et 40 autres seront blessées.

L’indignation est grande, notamment parce que le Palais royal situé sur le Meir était manifestement ciblé. Par mesure de sécurité, les enfants du roi Albert et de la reine Elisabeth seront emmenés quelques jours plus tard en Angleterre.

Au lendemain du bombardement, il sera décidé de désormais assombrir totalement la ville dès 20 heures.

23 août 1914

L’une des photos les plus poignantes illustrant l’horreur du début de la Grande Guerre. Le 23 août 1914, 674 civils sont tués à Dinant, soit près de 10% de la population.

Des hommes, des femmes et des enfants sont rassemblés à sept endroits différents de la ville. Ils seront placés contre un mur et fusillés. Les corps que l’on voit sur l’image sont ceux tombés au pied du Mur Bourdon, dans un quartier de la périphérie. Parmi les cadavres, on perçoit celui d’un jeune garçon.

22 août 1914

Des soldats français décédés sur le champ de bataille. Le 22 août 1914, quelque 27.000 soldats français périrent pendant des combats sur un front de 400 km de long. La plupart des morts tombèrent dans les Ardennes belges. Rien que dans le petit village de Rossignol, en Gaume, plus de 7.000 soldats perdirent la vie. Ce fut le jour le plus meurtrier de l’histoire de l'armée française.

L’artiste Nestor Outer, originaire de Virton, a dépeint cette journée tragique en 70 aquarelles. Du côté allemand, ce sont 14.000 soldats qui ont perdu la vie ce 22 août. Cette journée est considérée comme la plus meurtrière de toute la Première Guerre mondiale (Collection Musées Gaumais).

21 août 1914

L’armée belge ayant dynamité des ponts sur la Meuse, à Andenne et Seilles, les soldats allemands se vengent sur la population civile. Quelque 262 citoyens sont tués à l’arme à feu et la hache.

Sur ordre de l’armée allemande, l’administration intérimaire d’Andenne annonce que tous les hommes de cette ville sont retenus en otages. Pour chaque coup de feu dirigé vers des soldats allemands, deux citoyens belges au moins seront fusillés. Les femmes reçoivent l’ordre de nettoyer les rues, alors que les morts sont enterrés sans aucune cérémonie.

20 août 1914

Le 20 août 1914, à 9h du matin, l'armée allemande entre dans Bruxelles via la Chaussée de Louvain, pour se diriger vers la Grand-Place de la capitale. "C'était comme une force de la nature, un raz de marée", commentait le journaliste américain Richard Harding Davis.

"En apercevant le premier régiment ennemi, nous étions agités. Après que la colonne grise ait défilé sous nos yeux pendant 3 heures, c'est l'ennui qui nous a gagné. Mais cela a continué pendant des heures encore, sans pause ni trou dans les rangs. C'est alors devenu terrifiant, inhumain. Comme fasciné, on retournait observer le défilé des troupes. Il présentait le même mystère et la même menace qu'un banc de brouillard qui se dirige vers vous en pleine mer", témoignait le journaliste américain.

19 août 1914

La garde civique de Bruxelles et sa périphérie reçut le 19 août 1914  l'ordre de quitter la ville. Elle s'était préparée pendant des semaines à devoir défendre Bruxelles, mais il était devenu clair que la capitale tomberait sans combat aux mains des Allemands. 

Pour les civils, c'était le signe qu'il fallait songer à fuir. Seuls les jeunes gardes civiques reçurent l'ordre de partir. Le corps des plus vieux fut dissous et dut rendre ses armes.

18 août 1914

Le 18 août 1914, l’artillerie belge se retire de Tirlemont en direction de Louvain.

A l’arrière, on perçoit des nuages de fumée engendrés par les lourds combats qui se déroulent en dehors de la ville. Ce jour-là à Tirlemont, l’armée belge voit plus de 500 de ses soldats périr.

17 août 1914

Des gardes civiques et des scouts derrière des barricades à Bruxelles, en août 1914. 

Les corps de gardes civiques étaient des milices urbaines qui devaient veiller à préserver l'ordre public en temps de paix. Pendant la guerre, elles ont été utilisées pour défendre le pays. 

Les gardes civiques ne s'entraînaient que sporadiquement et avaient la réputation d'être des soldats d'opérette. Il n'y a que dans les grandes villes que ces unités étaient mieux entraînées. 

Quant aux scouts, ils se sont proposés comme messagers dans les premiers mois de la guerre, d'abord à Bruxelles puis à Anvers.

16 août 1914

Une carte postale allemande: "Hourra, et maintenant à Bruxelles. La Belgique doit nous appartenir".

Le 16 août 1914, les deux derniers forts de Liège - ceux de Flémalle et de Hollogne - tombent sous les attaques allemandes. Rien n'empêche plus la progression allemande vers Bruxelles.

16 août 1914 aussi

Dans le village de Blégny, près de Liège, plusieurs notables - dont le bourgmestre et le curé, pris en otage par les Allemands - sont fusillés en représailles pour des présumées "attaques permanentes par des civils".

Blégny avait vu mourir les jours précédents quelque 52 civils.  

15 août 1914

Le lieutenant-général Gérard Leman, commandant de la position fortifiée de Liège, représenté dans une auréole au-dessus de la "dernière résistance" de ses troupes au Fort de Loncin.

Le 15 août 1914, l’arsenal de la position fortifiée est touché par un lourd obus allemand et explose. Environ 150 soldats perdent la vie, partiellement enterrés sous les décombres.

Gérard Leman est capturé, inconscient et blessé. En signe de respect pour sa résistance courageuse, les Allemands l’autorisent à conserver son épée durant sa captivité. Le général insistera pour que, sur le rapport de capture, soit indiqué qu’il ne s’est pas rendu mais qu’il a été capturé inconscient.

14 août 1914

Des lanciers belges devant la Butte du Lion de Waterloo. Dès la début de la guerre, une partie de l’armée belge avait été stationnée autour de Wavre et Perwez. Elle n’y fut cependant jamais confrontée à des soldats allemands.

Le18 août, ces troupes se retirèrent avec le reste de notre armée belge à l’intérieur de la ceinture de forts autour d’Anvers.

13 août 1914

Le 13 août 1914, le fort liégeois de Pontisse se voit bombardé - pour la première fois au monde - par le super-canon allemand Grosse Bertha (‘Dicke Bertha’ en allemand). La veille, deux tout nouveaux exemplaires de cette pièce d’artillerie, qui tire des obus de 1.000 kilos, étaient arrivés à Liège, en provenance de l’usine Krupp dans la ville allemande d’Essen.

Pontisse tombe après 45 coups du canon géant. Le même jour, les forts de Chaudfontaine et d’Embourg cessent également le combat.

12 août 1914

La bataille de Haelen - baptisée aussi la Bataille des casques d'argent, d'après un poème d'un curé local - a fait de nombreuses victimes parmi les soldats belges et allemands, mais aussi 500 chevaux de la cavalerie allemande.

Ce fut l'unique victoire de l'armée belge contre les Allemands gagnée sans l'aide des alliés pendant la Première Guerre mondiale, et la fin de l'utilisation des chevaux comme arme de guerre. Les Belges ont en effet repoussé à pied l'attaque de la cavalerie allemande.

Il existe beaucoup de photos du lendemain de cette bataille historique, étant donné que les photographes de presse belges ont pu opérer assez librement. 

11 août 1914

Alors que l'armée de la Meuse tente encore toujours de briser la résistance des forts liégeois, des dizaines de milliers de soldats allemands entrent chaque jour en Belgique et font route vers le Limbourg ou la France. 

Une colonne de 20.000 soldats s'étend rapidement sur 10 kilomètres environ. Ce qui engendre, pendant des semaines, de longues files sur les routes qui sont empruntées par l'armée allemande.

10 août 1914

Photo d’archive unique datant du début de la Première Guerre mondiale. Des soldats allemands se précipitent sur une position belge.

Il s’agit vraisemblablement d’un cliché pris pendant la bataille d’Orsmaal-Gussenhoven, le 10 août 1914, ou alors une bonne semaine plus tard lors de la Bataille de Tirlemont. On aperçoit des tireurs belges à l’arrière-plan.

9 août 1914

Voici des dessins des uniformes des amis et des ennemis, qui ont été distribués aux soldats français en août 1914. Toutes les armées en faisaient de même. Et dans nombre de magazines, ce type de dessins furent publiés - en couleurs ou non - pendant les premières semaines de la guerre.

Nombre de citoyens ne connaissaient en effet pas les uniformes des différentes armées. Ainsi, alors que les premiers soldats allemands arrivèrent à Liège dans la nuit du 5 au 6 août 1914, certains Liégeois pensèrent d'abord qu'il s'agissait de soldats britanniques. 

8 août 1914

La petite ville de Herve (en province de Liège) et le village voisin de Melen s’enflamment après le lancer de capsules incendiaires par les Allemands.

A Herve, 38 citoyens sont tués. A Melen, 108 villageois perdent la vie, parmi lesquels 8 femmes et 4 fillettes de moins de 13 ans. Selon des témoins de l’époque, des soldats allemands auraient forcé de jeunes enfants à danser et chanter devant les cadavres.

7 août 1914

Un dessin de l’assaut des troupes allemandes sur Liège. A noter, à gauche le dessinateur allemand a représenté deux civils dont l’un est armé d’un fusil qu’on a appelé les francs-tireurs.

Longtemps, la légende de la présence de ces francs-tireurs belges a servi aux autorités allemandes à justifier la répression et les massacres de population perpétrés par les soldats allemands.

6 août 1914

Lors de la bataille de Liège, le petit village de Vottem fut le théâtre de lourds combats. 33 soldats - 22 Belges et 11 Allemands - y perdirent la vie. Le 6 août, avant que les victimes ne soient enterrées dans une fosse commune,  le bourgmestre et le curé de la localité décidèrent de prendre une photo de chaque soldat afin de pouvoir les identifier plus tard. Les défunts furent transportés à cette fin dans la salle paroissiale.

5 août 1914

En fin d'après-midi, l'armée allemande attaque la ceinture de fortifications de Liège, mais y rencontre une lourde résistance. Les soldats belges lancent une contre-attaque au fort Barchon.

4 août 1914

Acclamé par la foule, le roi Albert Ier se rend à cheval au Parlement, pour y demander à la population belge "une résistance opiniâtre" à l’invasion allemande.

La Chambre et le Sénat approuvent à l’unanimité un budget de guerre, en même temps qu’une série de mesures d’urgence.

3 août 1914

Un cavalier belge, du Régiment des chasseurs à cheval, scrute l’horizon. Il s’attend à l’arrivée imminente de l’armée allemande car le 3 août à 7 heures du matin, le gouvernement belge a rejeté l’ultimatum allemand. Dans la région frontalière, des barrages sont placés, on fait exploser des ponts et des tunnels ferroviaires et des panneaux indicateurs sont recouverts de peinture.

2 août 1914

Des grenadiers belges sont rassemblés sur la Grand-Place de Malines pour gagner leurs positions sur la ligne des forts d’Anvers. Parmi eux, de nombreux volontaires plus âgés qui n’avaient pas été appelés lors de la mobilisation générale. A l’arrière de cette photo, qui est conservée au Musée royal de l’Armée au Cinquantenaire à Bruxelles, figurent les noms de 32 de ces grenadiers, 14 d'entre eux seront tués au combat avant fin octobre 1914, 3 seront grièvement blessés.

1er août 1914

De nombreux citoyens belges font la file devant la Banque Nationale, à Bruxelles, pour échanger des billets contre de la monnaie ou de l’or. Certains commerçants refusent en effet des billets, à cause du futur incertain.

En raison des menaces de guerre, de plus en plus de citoyens commencent aussi à faire des réserves de nourriture.