"Plus d’argent pour ne pas hypothéquer la qualité de l’enseignement" Auteur: A.Fr.

Belga
mar. 16/05/2017 - 11:48 A.Fr. Depuis 2009, les écoles primaires néerlandophones ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de façon significative. L’augmentation du nombre d’élèves risque de mettre l’enseignement secondaire en difficultés, ces prochaines années, estime le responsable de l’enseignement catholique en Flandre, Lieven Boeve, dans une interview accordée ce mardi au quotidien De Tijd.

Les moyens de fonctionnement des écoles en Flandre ont augmenté de près de 5% entre 2009 et 2015, passant ainsi de 911 à 956 millions d’euros. Mais cela n’a pas suffi à compenser l’inflation pendant cette même période. D’autant plus qu’en 2014-2015 des économies accrues ont été réalisées sur les moyens de fonctionnement, pour maintenir le budget de la Flandre sous contrôle.

D’autre part, la croissance rapide du nombre d’élèves dans les écoles primaires néerlandophones n’est pas été suffisamment prise en compte dans l’ajustement des moyens de fonctionnement. Conséquence : le pouvoir d’achat des écoles de l’enseignement primaire a diminué de 11% depuis 2008-2009. C’est ce que révèle en tous cas l’analyse par la coupole des écoles catholiques en Flandre des rapports annuels de l’Agence pour les services d’enseignement.

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La coupole tire donc la sonnette d’alarme, estimant que la croissance du nombre d’élèves risque de rendre très difficile, ces prochaines années, la situation dans les écoles secondaires néerlandophones. Lieven Boeve (photo), le patron de l’enseignement catholique flamand, réclame un engagement de tous les partis politiques flamands. Il estime qu’il n’est pas possible d’attendre jusqu’aux prochaines élections.

"Le gouvernement doit prendre ses responsabilités s’il ne veut pas hypothéquer la qualité de l’enseignement flamand", déclare Boeve. La ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), a réagi à cette interview, indiquant qu’elle prépare un plan global pour l’enseignement primaire.

"Des études internationales indiquent que l’enseignement primaire a besoin de moyens supplémentaires", précise Crevits. Elle souligne cependant que le budget pour les enseignants continue à augmenter et ne fait pas l’objet d’économies.

"Le montant maximum des coûts supplémentaires pose problème"

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En réaction à la mise en garde du patron de l’enseignement catholique flamand Lieven Boeve, la ministre compétente Hilde Crevits (photo) déclare ce mardi être bien consciente du problème de moyens de fonctionnement dans les écoles flamandes. Elle admet que la "facture maximum" présentée aux parents pour les dépenses scolaires n’est plus adaptée si ces parents doivent tout de même tout financer de façon indirecte, via des tombolas ou des soirées spaghettis. "Nous devons résoudre la situation, certainement pour des choses essentielles comme les cours de natation", précise Hilde Crevits.

Alors que les élèves allaient autrefois nager avec l’école toutes les semaines pendant toute une année scolaire, de nombreux établissements sont maintenant contraints de réduire ces cours à un seul semestre, par manque de moyens. La ministre de l’Enseignement veut y remédier. "J’ai expliqué au Parlement que nous devions organiser les cours de natation d’une façon alternative. Nous misons surtout sur le partage des infrastructures, car les infrastructures de natation sont très chères. Et lorsque les élèves doivent en plus effectuer de grands déplacements pour s’y rendre, il devient très compliqué pour les directions de rester dans les limites du montant maximum des coûts supplémentaires à facturer aux parents. Je suis bien consciente de ce problème très sensible".

En réponse aux critiques de Lieven Boeve, Hilde Crevits souligne également qu’il y a eu des investissements pour un demi-milliard d’euros pour compenser l’augmentation du nombre d’élèves dans les écoles primaires par l’engagement d’enseignants supplémentaires. "Nous ferons aussi de la sorte à l’avenir ".

Mais Crevits reconnait aussi que les moyens de fonctionnement n’ont pas augmenté au même rythme que le nombre d’élèves. "Ils ne sont pas indexés, mais dès l’an prochain ils le seront à nouveau pour l’enseignement primaire". La ministre estime qu’il "est temps d’intervenir", tout en soulignant que tout n’est pas négatif. Elle en veut pour exemple le fait que la TVA pour les bâtiments scolaires est tombée de 21% à 6%.

Hilde Crevits estime également que ce n’est pas aux enseignants à financer le matériel de cours pour leur classe. "Les écoles primaires ont le devoir de prévoir le matériel de base", souligne fermement la ministre.

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